Le tour de Bretagne par les chemins

Le bout du monde au pas de la porte

On rêve toujours d'aller rouler sur les pistes du Paris-Dakar, au Maroc ou dans les déserts de Baja California. Alors oui, ça fait rêver, mais ça demande beaucoup d'organisation, du temps et pas mal d'argent. Tout ça, on ne l'a pas forcément chez Mono, par contre on a sacrément envie de rouler ensemble. On s'est donc posé la question : est-ce qu'on ne pourrait pas faire plus simple, plus court, plus proche ?

La réponse est oui, bien sûr que c'est possible ! Alors on s'est lancé dans le projet de faire le tour de la Bretagne, notre région natale, en prenant le maximum de chemins possible.

On bloque le week-end du 1er mai et son jour férié, et on commence à préparer les brêles. C'est un peu la course contre la montre car les motos ne sont pas toutes opérationnelles, et les vieilles ont encore quelques problèmes à régler avant de pouvoir prendre le départ.

Le jour J, on est quatre : Ludo sur sa toute nouvelle Rieju 307 Rally qu'il a préparée avec soin et qui ouvrira la route sur la majorité du trip — merci Stracks d'ailleurs pour les itinéraires. Louis sur sa belle Royal Enfield 450 Himalayan qui a reçu de beaux pneus Michelin Anakee Wild pour l'occasion, Tristan et sa fidèle Honda XR600R avec son nouveau pot Arrow qui ronfle bien comme il faut, et pour finir Robin sur sa XT 250 de 1980 qui, il y a encore un mois, ne pensait pas prendre le départ à cause des caprices de la Yamaha. Finalement, le faux contact du neiman a pu être résolu et la 250 était prête pour en découdre.

Grand départ

Le vendredi matin, tout le monde est prêt à l’aube… ou presque. Les motos sont préparées, les bonshommes bien nourris, et on a envie d’en découdre.

Cap vers le nord pour rejoindre Paimpont et ses alentours. On passe une superbe journée sous le soleil et dans la poussière. Quelques chutes, mais tout va bien. On bifurque ensuite vers l’ouest pour rejoindre notre bivouac du soir à l’Abbaye de Bon-Repos, qui porte merveilleusement bien son nom. 250 bornes, ça mérite bien une bière ! S’ensuit un rapide bain pour les plus téméraires, histoire de faire un brin de toilette, puis un dîner lyophilisé, jour férié oblige.

On se réveille dans les tentes sous une brume dense et bien humide. Pendant le rangement, les premières gouttes commencent à tomber. On part sous la pluie, mais le moral reste au beau fixe. On se rend rapidement compte que nos bottes ne sont pas waterproof, mais que les tenues de pluie, elles, sont bien utiles. On est obligés de faire une pause dans la matinée sous le parking couvert d’une grande surface : l’orage est trop intense, et nous ne sommes pas masochistes.

Quand ça se calme, on repart gentiment sur les routes mouillées. Après une ou deux heures, le XT 250 commence à complètement déconner et donne de gros à-coups autour des 5 000 tours, avant de finir par refuser totalement de redémarrer. On est obligés de s’arrêter pour démonter le carburateur. Fort heureusement, la pluie cesse au même moment. Après une heure de mécanique, les gicleurs sont débouchés et la Yamaha respire de nouveau.

On roule ainsi dans la boue, mais sans pluie, le reste de la journée et on finit par arriver à la Vallée des Saints, où l’on pose notre bivouac. Entre la pluie et la panne, on a perdu trop de temps et on décide de passer la nuit là. La chance nous sourit et l’on peut camper au sec ce soir-là : pas une goutte.

Réveil de nouveau dans le gris et la brume, mais on y croit ! On continue vers l’ouest en traversant de superbes forêts et en empruntant des single tracks bien techniques, où certains d’entre nous décideront de coucher la moto pour mieux se reposer. Point culminant de notre trip — et c’est le cas de le dire — : Saint-Michel de Brasparts, à 381 mètres d’altitude ! L’arrivée à travers la bruyère est magique et on en prend plein les mirettes ! Après un petit encas au sommet, on fait demi-tour et on commence le retour vers le Morbihan, cap à l’est !

On décide de s’arrêter assez tôt pour profiter du beau temps qui revient et l’on prend un camping à Huelgoat. Quel plaisir de prendre une douche chaude !

Quatrième jour : après une bonne nuit de sommeil, on est d’attaque pour la dernière journée. Un programme chargé nous attend, avec plus de 200 bornes et une portion du TET qui descend vers Vannes. On prend notre pied dans les chemins : pas une goutte de pluie, mais une bonne boue qui rend certains passages techniques. Malgré ça, on roule bien et on atteint dans l’après-midi notre point d’arrivée : Vannes.

Au final, on a parcouru environ 650 km. Les quatre motos ont tenu bon, même si on ne compte plus les chutes et les pannes ! On a tous pris notre pied et on a l’impression d’être partis bien plus longtemps que quatre jours. Finalement, l’aventure est tout près : il suffit simplement de sortir de sa zone de confort.


L'itiniréraire :

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